Roman français

Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 08:01

anneau-copie-1.jpg Couverture :

 

Noël 1993 - Un vieil homme erre dans rodez, à la recherche d'un peu de pain et de soupe. Lorsqu'on lui demande qui il est, il répond : Je suis Benoît.

Près de six siècles plus tôt, le concile de cobstance a mis fin au grand schisme d'Occident en déposant le dernier antipape avignonnais, Benoît XIII. Pourtant, cette lignée de papes rebelles ne s'est pas éteinte. Simplement, sa trace s'est perdue. Et voilà que les services secrets du Vatican lancent leurs meilleurs agents sur la piste du mendiant de Rodez, qui porte dans sa besace l'anneau du pêcheur, emblème de cette Eglise de l'ombre...

Autour d'un personnage bouleversant d'humanité et de grandeur, le conflit éternet de la fidélité et de l'oubli, de la Foi toujours sommée de se soumettre au monde.

 

Mon avis : 10/10

 

Il en est de la rencontre avec les personnages des livres comme de celles avec les gens : un lien se crée parfois spontanément, on sait dès la première rencontre qu'on restera marqué à tout jamais, qu'on ne se quittera plus. Dès les premières pages, que dis-je, dès les premiers mots, j'ai su que je suivrais Benoit avec passion jusqu'à la dernière page. La couverture le décrit avec les mots justes : "bouleversant d'humanité et de grandeur". Car s'il est humble, effacé, ne se mêlant que peu à ses contemporains, presqu'un clochard, on devine en lui une grandeur, grandeur d'âme sans aucune doute, mais grandeur tout court. Jean Raspail en a fait un personnage tellement humain, tellement vrai, que j'ai vraiment cru à son histoire. J'ai acheté ce livre à Avignon, en visitant justement le Palais des Papes, et il se trouve que mon parcours pendant les vacances m'a justement emmenée sur les traces de Benoit, à Avignon, mais aussi à Rodez. En visitant la cathédrale de Rodez, je n'ai pas pu m'empêcher de chercher Benoit des yeux, de me sentir envahie d'une émotion intense en l'imaginant dans les mêmes lieux.

 

Dans ce roman, on suit deux époques, l'histoire du schisme d'Occident qui a déchiré la Chrétienté au 14ème siècle, au cours duquel 2 voire 3 papes ont "régné" conjointement, de l'autre, l'histoire d'un homme, Benoit, dont on comprend au fil des pages qu'il est le survivant de la lignée pontificale de Benoit XIII, le dernier pape élu selon les règles et pourtant déposé par le Concile de Constance en 1415. La richesse de la recherche historique faite par Jean Raspail nous fait réellement voyager dans le temps. Quelle obstination chez le pape Benoit XIII, qui envers et contre tous, contre les rois et les cardinaux, préfère s'isoler sur l'ile de Peniscola, entouré de quelques cardinaux fidèles, plutôt que de se rendre aux arguments de ses adversaires et accepter d'abdiquer ! Quelle fidélité que celle de ses cardinaux, qui éliront à sa mort un nouveau Pape, ignoré de tous, contraint de vivre dans la clandestinité, d'échapper sans cesse aux troupes de Martin V, "l'autre" pape, élu  par un conclave dont la tenue est plus que discutable. Puis, sur le chemin de Benoit, dernier pape sans couronne et sans palais épiscopal, on croise Monseigneur Cassini, des services secrets du Vatican, qui dépêche l'un de ses agents, un prêtre naturellement, à la rencontre de Benoit, pour l'aider à rejoindre Rome, où il se rend, sachant qu'il est le dernier de la lignée, pour porter un message au pape officiel, Jean-Paul II. Même cet "agent secret" et sa mission, qui auraient pu changer le ton du roman et lui ajouter un côté espion sans intérêt, semblent au contraire vraisemblables.

 

Sans dévoiler la fin, je peux vous dire que j'ai pleuré, de tristesse mais aussi d'émotion devant un livre qui est grand, bouleversant de bonté, d'abnégation, un livre qui donne envie de croire, qui donne envie d'entrer dans une église pour y prier. Benoit m'a littéralement "habitée" pendant plusieurs jours après l'avoir terminé. A chaque village traversé sur le chemin de St-Jacques de Compostelle, j'imaginais Benoit, avec son baluchon, entrant discrètement dans l'église pour s'y reposer, chaque église me rapprochait un peu plus de lui. J'aurais vraiment aimé le rencontrer pour de vrai. Sans aucun doute, ce livre est l'un des plus beaux qu'il m'ait été donné de lire.

Par Corélie - Publié dans : Roman français
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Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 23:08

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Couverture :

 

"Un jour, je suis morte. J'ai eu du mal à m'en remettre. Je ne m'en remets pas, en vérité.

 

Après Biographie d'un sexe ordinaire et Les Mots d'un homme, Macha Méril dévoile ici sa part d'ombre avec une profonde et émouvante lucidité.

 

Mon avis : 8/10

 

Dans ce petit livre autobiographique que j'ai lu en quelques heures, Macha Méril dévoile une blessure profonde dans sa vie, blessure que je ne peux pas dévoiler pour laisser au lecteur que vous serez peut-être la découverte de ce lourd secret.

 

Car dans la première partie, Macha Méril expose sa douleur mais sans en expliquer les raisons. On se laisse happer par la lourdeur de cette douleur sous-jacente. Puis enfin, on comprend, on souffre avec elle tout en ayant envie de lui dire qu'on peut vivre malgré cette douleur. Elle estime être morte, et vivre sans cesse derrière un masque, simulant le bonheur, utilisant sa blessure mortelle pour être l'actrice que nous connaissons. Plaidoyer douloureux et poignant, j'ai beaucoup aimé ce livre pour la force des mots, mais j'ai été contente de le refermer pour revenir au bonheur.

 

 

 

 

Par Corélie - Publié dans : Roman français
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Mercredi 11 mai 2011 3 11 /05 /Mai /2011 09:35

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Couverture :

 

"Un soir, tu entres dans ma chambre alors que je me suis endormi. Le livre m'a échappé des mains et gît sur ma descente de lit. Tu t'en saisis, comme s'il s'agissait d'un miracle.

-Mais tu lis, mon chéri ! souffles-tu en remerciement au ciel.

Incrédule face à ce prodige, craignant quelque mirage, tu palpes l'objet. Non, tu ne rêves pas : ton fils lit.

Intimidée, tu ouvre le livre, fascinée à ton tour..."

 

Quand la découverte de Marcel Proust bouleverse la vie d'un garçon de 13 ans, de ses parents cafetiers et des habitants de leur petit village du Nord de la France.

 

Des jeux innocents aux premiers émois de l'amour, de l'insouciance à la tragédie : l'histoire tendre et drôle des dernières lueurs d'une enfance colorée par le surprenant pouvoir de la littérature...

 

Paul Vacca vis à Paris. Il signe ici son premier roman.

 

Mon avis : 10/10

 

Un énorme coup de coeur ! J'ai été attirée par ce petit livre juste parce que j'ai moi-même été fascinée par Proust, il y a de nombreuses années maintenant. Ce premier roman est tout simplement une réussite, un trésor de tendresse et de délicatesse, un livre plein d'amour. Ecrit à la première personne, le narrateur s'adresse à sa maman, avec laquelle il a une tendre complicité. Il décrit leurs petits jeux, leurs petits moments à eux, avec beaucoup de pudeur et une nostalgie attendrie. Puis on sent un secret poindre, on se demande comme le narrateur où tout cela va nous mener, tout en ayant quelques soupçons. Pour conjurer le mauvais sort, c'est avec son père qu'il va devenir complice pour redonner le sourire à cette maman qu'ils aiment tant. Et Marcel Proust, découvert au hasard d'un amour de jeune adolescent, va entraîner "à la recherche du temps perdu" toute la famille, puis tout le village. Prévoyez un kleenex à la fin du livre, c'est bien tout que ce que je peux vous dire sans trop en dévoiler. J'en suis encore toute retournée, j'ai presque eu l'impression de revivre l'atmosphère de "Du Côté de chez Swann", et j'ai presque entendu tinter "la petite cloche au son grêle". A lire absolument.

 

 

Par Corélie - Publié dans : Roman français
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Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 21:04

MeutresPommeCouverture :

 

An de grâce 1556, François, étudiant en médecine à Montpellier, n'a qu'une idée en tête : devenir cuisinier.

Aux dissections, il préfère l'étude du safran, de la cardamome, du gingembre, du macis et autre maniguette sous la houlette de l'apothicaire Laurent Catalan.

Mais une série de morts suspectes sème le trouble dans la ville. Un mystérieux breuvage distribué par un apothicaire ambulant en est la cause. Laurent Catalan, en raison de ses origines juives et de ses sympathies pour les protestants, est accusé de complicité et jeté en prison.

François mène l'enquête jusqu'à Bologne. Parviendra-t-il à sauver Catalan ?

 

Assorti d'un guide de la tomate, Meurtres à la pomme d'or propose également un carnet de recettes de la Renaissance.

 

Mon avis : 5/10

 

J'ai été attirée par le sous-titre du livre : un roman noir et gastronomique au temps de la Renaissance. Noir, je vois bien, mais gastronomique ? L'intrigue policière est un peu légère, sans autre intérêt que celui de donner un prétexte au protagoniste pour voyager et découvrir la gastronomie de Montpellier, Bologne et Padoue. On y découvre que les italiens ont été les "inventeurs" de la fourchette. A la fin du livre, un guide de la tomate nous apprend que ce fruit tellement apprécié aujourd'hui a longtemps été considéré comme toxique... L'auteur, journaliste culinaire, nous fait découvrir l'histoire de la cuisine et c'est pour moi l'intérêt majeur de ce petit roman noir, surtout gastronomique...

Par Corélie - Publié dans : Roman français
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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 22:47

MOTS DOUXCouverture :

 

Qu'est-ce qui pousse Cécile - la sage infirmière - à s'introduire, malgré l'obligation de réserve  à laquelle elle est soumise, dans la vie privée d'un de ses patients, un vieil homme hospitalisé ?

 

Qu'est-ce qui pousse Florentin - le patient - à demander à  Cécile de se rendre dans son petit logement, dont il lui confie les clés, afin de lire un manuscrit qu'il n'a osé montrer à personne ?

 

Entre ces deux-là, la rencontre, faute de pouvoir se faire par les simples gestes de l'existence, se fera par les mots. Un domaine feutré où le désir, le sang, les larmes ne sont pas mus avec moins de violence, parfois, que sur la scène de ce théâtre en trompe-l'oeil qu'on appelle le réel. Et où l'on peut très bien risquer sa vie... rien qu'à en chercher le sens.

 

Alain Roehr, dont c'est là le quatrième roman, n'a pas encore conquis son public... même s'il a toujorus été salué par la critique (en 2002, Chambres obscures avec été classé par la rédaction de "LIRE" parmi les douze romans marquants de la rentrée littéraire).

 

"Un écrivain rare... dont l'oeuvre, belle et fragile, requiert notre plus exigeante attention." Hugo Marsan / Le Magazine Littéraire

 

Mon avis : 8/10

 

J'ai trouvé ce livre plein de tendresse, de délicatesse, de pudeur. Cécile, en entrant dans la vie de Florentin au gré de ses lectures, fait un retour sur sa propre vie, sur sa jeunesse dont elle imagine qu'il en a peut-être été le témoin par sa fenêtre, à quelques pas du quartier où elle habitait. Les mots de Florentin, ces mots jetés sur des feuilles blanches et entassées pêle-mêle dans son appartement, vont peu à peu l'envoûter, donnant un but à sa vie, cette vie triste avec son mari à qui elle ne sait plus parler.

 

Florentin m'a émue aussi, ce vieil homme mourant sur son lit d'hôpital qui ne peut communiquer qu'au travers des mots qu'il a laissés chez lui, ces mots qui retracent son histoire d'amour, cette histoire qu'il n'a jamais racontée et qu'il lègue à Cécile.

 

A lire donc... J'ai hâte de connaître les autres romans de cet auteur.

Par Corélie - Publié dans : Roman français
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